Plaisir d’un jour 91

– A l’ombre de l’ombre –

Marocain ayant fait ses études supérieures en Espagne Larbi El Hati renoue avec la grande tradition du passage culturel entre Occident et Maghreb. Élevé dans la culture soufie, homme de nulle part, frère ignoré et donc citoyen du monde par défaut, il vit libre, et écrit de même.

III

La mémoire déchire la solitude.
Ella la démolit comme un œuf pourri.
Son voyage ne répond pas à la crevasse.
Elle ne révèle pas le vol interdit
ni les yeux qui, seuls, attendent.

La voix nocturne des muezzins
se précipite dans le vide sans un dieu
pour cette bouche creuse.
Elle augure le froid du crépuscule.

Nous marchons ensemble vers la nuit.
Une détresse muette nous accompagne.

Nous pensons à l’origine de l’aube,
et à l’instinct qui parle quand
tout est silence.
Nous inventons le hammam impossible.

C’est l’heure.
Purifions-nous de l’agonie
qui nourrit la rage voilée
et le désamour quand, enfin, il prend
la parole.

Il pleut

Tu parcours mon corps
dans les gouttes chaudes
de cet automne,
mûr comme la lassitude.
Tu voyages dans mes illusions
comme une lumière tiède
et l’étincellement de l’eau
qui me purifie,
lorsque tu murmures
le désir de marcher avec moi.

La maison est vide.
L’obscurité noie la conscience.
Cela sent la terre mouillée.
Nous allons à l’ombre de l’ombre.
Je veux toucher tes cheveux.

Mots paisibles qui trahissent de sourdes inquiétudes, donner à la vie un visage toujours agréable, vaste programme en vérité. A l’ombre de l’ombre…

Okuba

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