Plaisir d’un jour 84

– Dans la lie existentielle, les étoiles –

J’ai pris beaucoup de plaisir à traduire (de l’italien, n’exagérons pas!) Ahmeti Mimoza, avec un z comme zublime. Une sorte d’affinité élective guidait mon clavier et je trouvais les images en même temps que je rédigeais.
Cette brune au tempo rapide, aux idées plutôt SF, est née en Albanie, dans la petite ville de Kruje. Ecrivaine, femme politique, elle est adulée de ses compatriotes, et a même participé à la version albanaise de Danse avec les stars. Pov’ Enver Hoxha !

Jusqu’à quand continueront-ils à s’imposer dans la mémoire
les noms de rois, de marchands, de diplomates ?
Oh, cette histoire folle ne parvient même pas à susciter
dans les descendances, les plus tièdes sentiments.
Je le sais, l’amour pour le passé, les parents,
se conclura dans l’arrogance
tant qu’ils voudront fixer les rois dans nos souvenirs.

Tiens, ici, parmi les ordures
est né un bébé au-delà du temps,
après avoir été un autre, puis un autre encore.
De jeunes étoiles dans le ciel humain désolé
parfaites comme la merveille,
tellement rares,
jeunes, terriblement jeunes
sont sorties du plasma vieilli.

Par la route, sur la lie existentielle, marchent les étoiles
Jésus-Christ lui-même se retira
devant leur splendeur terrestre.
<< Oh, la dernière d’entre elles sera le première ! ”
Ces yeux, lèvres, bras métalliques,
ces muscles dont la force emprisonne la chaleur.
Ces pieds qui piétinent la boue, la repoussent,
épaules qui s’avancent en couronnes de bronze à travers la mort
la passion et le sexe en génération énergique,
quand de l’acte ressuscite l’âme déchirée…
Oh ces mains,
la sagesse du cerveau et du cœur est écrite
dans ces mains.

Pluie, pluie continue de fatigue,
inondations,
crânes qui ressortent de la peau,
crânes zygomatiques d’étoiles tombées en gouttes,
musique des yeux, étourdissement…

L’écroulement dans le lit, le sommeil ruiné, lacéré
par des songes stupéfiants, irréels, lumineux
mille fois plus vrais et réels
que le jour lui-même.

Brume solaire, liberté, nudité
puis tristesse comme pic de nuage qui revient
porter bien vite la nuit devant les yeux.

Le désir de disparaître, de fuir ou de se suicider,
le nourrissant venin des sens, la solitude,
la désadaptation, la maladie, la nausée de l’évacuation
le scandale, le divorce, la fragrance de ces étoiles,
oh, elles seront rappelées, oubliées, dédaignées, louées ?

Leur fierté, le mépris, le culte de s’exhiber
d’une nature qui est idéale explose en elles.
Le crime humain qu’elles maîtrisent
la bouche blessée, les lèvres éclatées, la reconnaissance,
le nouvel éloignement

l’<< ADIEU>>,

qui comme un oiseau blessé
cherche un rocher pour mourir.
Un autre jour
renaît avec la foi aveugle que la vie est proche,
un autre jour, tu l’aimes terriblement et elle.
terriblement elle t’aime

Toutes ces choses sont l’Histoire.
le phénomène Vie – ces choses-ci.

Je pense que je reviendrai vers cette autrice, si les Podiophiles me le permettent. La poésie mène à tout, isn’t it ?

Okuba

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