Plaisir d’un jour 71

– En entendant un nom qu’on ne prononce plus –

Il nous a quittés trop vite, restant dans l’ombre chérie. Des mélodies tendres accompagnaient des paroles parfois cruelles, toujours vraies. Ainsi, en des mariages de raison, traversant nos consciences divorcées depuis toujours d’avec l’accord, traversant les temps cruels où nos frères mutilent des chevaux, s’écrivaient des chansons.

On a dit de Léonard Cohen qu’il était un poète.

Ecoute les histoires
contées sur l’an dernier
qui semblent être d’ailleurs
bien qu’ici elles soient nées

Ecoute un nom
si intime qu’il est brûlant
Ecoute le dit à haute voix
et apprends apprends

L’histoire est une aiguille
pour endormir les hommes
trempée dans le poison
de ce qu’ils veulent garder

Le nom qui t’a sauvé
a un goût étranger
exige un corps étranger
gelé dans les rebuts de l’an dernier

Et ce qui vit s’attarde
près des monuments érigés
et rend son dernier souffle
en lettres dorées


Ce sont des cris de maturité étouffée
sur mes genoux cinglés


Je suis avec la neige
dans les mers tombée

Je suis avec les chasseurs
affamés et rusés
et avec le gibier
vif tendre et dénudé

Je suis avec les maisons
par la pluie emportées
sans laisser la dent d’un pilier
sous le râteau les rassembler

Que les hommes gardent les noms
griffent les vents qui soufflent
écoutent les histoires
mais ce que tu sais tu le sais

Et savoir suffit
pour de telles montagnes
où rien ne demeure
maisons arbres ou murs

On a dit aussi de Vinci qu’il était un peintre.

Les mots et les catégories, tant de murailles…

Okuba

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