Plaisir d’un jour 55

– Rester, Partir, au Revoir, Adieu,… –

Wang Wei fut un grand lettré, et donc un grand fonctionnaire. Saint John Perse ou Paul Claudel n’avaient donc rien inventé. Il parvint jusqu’au haut grade de ministre de la droite, avant de se retirer dans son jardin, comme tout bouddhiste qui se respecte.

A la différence de ses très lointains successeurs et collègues, sa poésie, fraîche et subtile, se lit avec beaucoup de plaisir encore aujourd’hui. Peut-on en subsumer pour autant une décadence des ronds de cuir à travers les siècles ?

Je ramasse les copies dans deux heures.

Soir d’automne lors d’un séjour en montagne

Dans la montagne déserte après une pluie fraîche,

L’atmosphère quand vient le soir est d’automne.

La pleine lune entre les pins irradie,

La source claire au dessus des rochers s’épanche.

Les bambous tempêtent au retour des lavandières,

Les nénuphars ondulent sur le passage des pêcheurs.

À son gré dans les fragrances du printemps pour un répit,

Un fils de famille se déciderait à rester.

Les adieux

On descend de cheval, je vous invite à boire.
J’interroge : « Mon cher, où allez-vous ? »
Vous dites n’avoir plus d’entrain,
Et retourner en retraite aux abords des monts du Sud.
Alors il faut partir, je n’interroge pas plus.
Les nuages blancs n’en finissent pas.

Est-ce moi, ou bien n’y a-t-il pas ici comme une prémonition ?
Ces nuages blancs, ces merveilleux nuages qui passent là-bas…

Okuba

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