Plaisir d’un jour 53

– Les parnassiens –

Je rends grâce parfois à internet, j’en conviens, car d’Abraham de Vermeil, je n’avais rien lu, sinon des légendes sur lui par ses amis, dont Nicolas Richelet, éditeur des parnassiens, nom générique donné à tous les poètes d’alors, qui le tenait en grande estime. On le prétendait ami d’Henri IV, en raison de ses ascendances.

Okuba

Voz yeux plus prompts qu’esclairs, plus subtils que la foudre

Voz yeux plus prompts qu’esclairs, plus subtils que la foudre,
Plus beaux que le Soleil, plus parfaits que les Cieux :
Plus forts que la nature, et plus grands que les Dieux,
Sont les buchers ardents qui me mettent en poudre :

Or pouldre de voz yeux vous me verrez dissouldre
En atomes biaisant par le vuide ocieux,
Puis assembler par sort un rond harmonieux,
Grand monde esclos d’un corps qu’on avoit veu resouldre :

Alors tout estonné d’un compagnon si beau,
Ouvrira de regret le Caos son tombeau,
Et s’ensevelissant perdra vostre memoire :

Belle, ne craignez point, si mon embrasement
Me peut rendre immortel, un seul embrassement
Vous peut rendre immortelle au monde de ma gloire.

Poeme Muzain

Tu es le rien, fortune : et si es toute chose,
Rien, parce que de rien toutes choses se font,
Tout, parce que dans toi les choses se défont ;
Bref, tu es tout et rien, et leur métamorphose :

Mais ce n’est pas par toi que j’aime ces beaux yeux,
Qui me vont tempêtant sur un ardent Neptune :
Si j’aimais par hasard, le sort audacieux
Éteindrait quelquefois mon feu pernicieux :
Puisqu’il est immortel, ce n’est pas par fortune.

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