Plaisir d’un jour 51

– Sous la lune, seul à boire –

Lǐ Tài Bái est une rock star avant la lettre, sex-alcohol-and-money. Il se marie quatre fois, passe du statut d’ermite taoïste à celui de poète de cour, obtient des honneurs qu’il se voit arracher, dépense des fortunes qu’il n’a plus, et va sur la route, lisant et écrivant, malgré son ivresse permanente (grâce à son ivresse permanente) les poèmes les plus libres qui soient, dans une société chinoise si bien compartimentée.

Entre les fleurs un flacon d’alcool,
Seul à boire sans vis-à-vis familier.
Coupe levée, j’invite la lune qui brille
Face à mon ombre cela fait trois personnes.
La lune, déjà, a bu sans se délivrer,
L’ombre en disciple imite mes gestes
Compagnons de passage, la lune qui mène l’ombre
Amusons-nous jusqu’à l’extrême du printemps !
Je chante, et la lune se balance,
Je danse, et l’ombre tourbillonne.
Lucides encore, ensemble nous nous réjouirons,
Après l’ivresse, chacun de son côté partira.
A jamais liés, en suivant nos chemins sans passions,
Pour nous attendre très loin sur la Voie Lactée.

– Pensées d’une nuit calme –

Devant mon lit, l’éclat de la lune s’étale

C’est comme un givre blanc qui recouvre la plaine ;

Levant la tête, je vois monter la lune pleine,

Baissant les yeux, je songe à mon pays natal.

Lǐ Tài Bái était réputé pour sa façon de chanter ses poèmes. Il est mort ivre, dit la légende, en tombant d’une barque. Une vraie rock star.

Okuba

Ce contenu a été publié dans Rencontres sur la route, avec comme mot(s)-clé(s) , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *