Plaisir d’un jour 47

– Mélodies cubaines –

Nancy Morejón est Cubaine, et cela pourrait la résumer toute entière. Une île fière et vivante et triste et résistante et débrouillarde et cultivée et dure, où passent tous les vents, où s’arrêtent tous les poivrots, et pas toujours les plus intéressants, où se construisent des rêves et meurent des idéologies, tout cela dans l’éclat de rire du mortel.

– Divertimento –

Entre l’épée et l’œillet,

j’aime les utopies.


J’aime les arc-en-ciel et le cerf-volant

 
et j’aime le chant du pèlerin.


J’aime la chanson d’amour entre l’ours et l’iguane.


J’aime les passeports : quand cesseront d’exister les passeports ?

 
J’aime les labeurs du jour et les tavernes


et la guitare à la nuit tombante.


J’aime une île plantée au beau milieu de la gorge de Goliath


telle un palmier royal au centre du Golfe.


J’aime David.


J’aime cette liberté que j’appelle immortelle.

Éloge de Nieves Fresneda

Des vagues de mer, des galériens
des pétales bleutés d’algues
recouvrent ses jours et ses heures,
comme reconnaissant à ses pieds.


Une rumeur du Bénin
l’amena au fond de cette terre.


Là reposent
ses couleuvres,
ses cercles,
ses coquillages,
ses jupons,
ses pieds,
qui cherchent la forêt dense,
qui ouvrent des chemins inconnus
vers Olókun.


Ses pieds marins,
enfin,
ses troncs de sel,
les pieds perpétuels de Nieves
qui s’élèvent comme des lunes pour Yemayá.

La danse est l’autre face de la poésie, surtout, comme celle de Nieves Fresdena, lorsqu’elle combine la mystique santera avec les rythmes béninois. Elle devient alors cérémonie vivante du sacré, train direct vers l’azur des poètes.

Okuba

Ce contenu a été publié dans Rencontres sur la route, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *