Plaisir d’un jour 45

– Voici l’âge –

A quel moment vit-on ?Jean Cocteau répond assez logiquement, et montre sous la mécanique des jours le visage grimaçant de la contrainte. Aucune époque ne convient jamais, et c’est à nous de descendre du train en marche, ou bien d’accepter d’être arrêté avec la foule.
Les poètes ne sont pas grégaires par nature, même s’ils courtisent les pâtres et les bergères.

Voici l’âge des fous charmants.

Tu as leur âge.
Es-tu fou ?

Voici l’âge du tohu-bohu.

Tu as le désordre.
As-tu son âge ?

Voici l’âge de raison la vraie.

Tu as raison.
Es-tu la vérité ?

Voici l’âge des palissades.

Tu es la rue.
Es-tu le ciel au-dessus du mur?

Voici l’âge où le rêve est celui des maisons.

Tu as une maison.
Vis-tu ton rêve ?

Voici l’âge du marquis de Sade.

Tu es sans plaisir.
As-tu la liberté ?

Voici l’âge des morts dans la rue.

Tu cours dans le vent.
Est-ce la mort qui t’attrape?

Voici l’âge des amants déments.

Tu es nu.
T’es-tu jamais déshabillé ?

Voici l’âge de l’abordage.

Tu dis des mots qui ne sont pas humains.

Voici la grève des maquis.

Tu ne suis pas les saisons.

Voici les chars et la police.

Tu as mis ton cœur dans ta tête.

Tu fuis comme un voyou.

Voici l’âge où je m’en fous.

J’en ai assez.
Qu’on m’arrête.

Qu’on m’arrête avec la foule.

Si l’on était en prison pour l’éternité, vaudrait-il mieux être seul (choix de Sartre) ou mal accompagné ? La tentation du solipsisme ou les emmerdes à perpète ?

Okuba

Ce contenu a été publié dans Rencontres sur la route, avec comme mot(s)-clé(s) , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *