Plaisir d’un jour 41

– Vivre et accepter –

Dans ces traductions à ma manière, j’ai voulu conserver la sonorité des poèmes de Robert Frost, toujours très amples et purs, avançant dans une majesté sans équivoque, loin de toute ostentation.
Il s’inscrit résolument dans la grande école virgilienne de la contemplation bucolique, fermier à ses heures et professeur également.

La route qui n’a pas été prise

Deux routes divergeaient dans un bois jaune
Et, désolé, je ne pouvais aux deux donner l’aumone
Etant le seul voyageur, longtemps je m’attardais
Pour regarder l’une aussi loin que je pouvais.

Puis je pris l’autre, toute aussi plaisante,
Et étant peut-être la plus attrayante,
Parce qu’elle était herbeuse et voulait être utilisée,
Quoique pour le fait d’emprunter
Les deux auraient convenu tout à fait,

Et les deux ce matin également s’étirent
Sans qu’aucune de leurs feuilles n’ait été foulée.
Oh, j’ai gardée la première pour une autre fois !

Sachant pourtant combien le chemin s’ajoute à la voie
Je doutais seulement de pouvoir revenir.

Je devrai dire ceci dans un soupir
Quelque part à des années et des années de là :
Deux routes se séparaient dans un bois, et moi,
J’ai pris celle qui avait été la moins fréquentée,
Et tout cela, la différence a fait.

Arrêt dans les bois par un soir de neige

Quels sont ces bois que je crois reconnaître.
Sa maison est dans ce village ; ainsi,

Il ne me verra pas m’arrêter ici
Pour voir ses bois en neige réduits.

Mon petit cheval doit trouver cela étrange
De s’arrêter en un lieu sans grange
Entre les bois et le lac gelé
La plus sombre des soirées de l’année.

Il fait sonner la cloche de son harnais
Pour demander si c’est une erreur.
L’autre et seul son est celui de la lenteur
Du vent faible et des flocons tombés.

Les bois sont charmants, obscurs et profonds à ravir,
Mais j’ai des engagements à tenir,
Et des miles à faire avant de dormir,
Et des miles à faire avant de dormir.

Le Feu et la Glace

Certains disent que le monde finira dans le feu,
D’autres disent que ce sera par la glace.
De tout ce que j’ai goûté du désir
Je me place du côté de ceux qui flattent le feu.

Mais si deux fois je devais périr,
Je crois suffisamment de la haine prédire
Et connaître que pour la destruction, la glace
est aussi grande
Et qu’elle devrait suffire.

Un rythme lent qui convient à la morosité du jour, et à l’incertitude des temps. Vivre, et accepter.

Okuba

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