Plaisir d’un jour 33

– Sonnet cabalistique –

Charles Cros n’est pas que le nom d’un prix prestigieux décerné annuellement par l’Académie éponyme. Ayant vécu plusieurs vies, il fut par exemple l’animateur de l’éphémère CPZ (Cercles des Poètes Zutiques) qui compta parmi ses membres Arthur Rimbaud et Paul Verlaine.
Grand ami du gigantissime Alphonse Allais, avec qui il partageait un goût dangereux pour l’absinthe et ses délices vertes, Cros tenait en haleine le public anarcho-esthète du Chat noir, son morceau de bravoure étant sans conteste son monologue du hareng saur.

Dans notre vie acre et fiévreuse
Ta splendeur étrange apparaît,
Phare altier sur la côte affreuse:
Et le voir est joie et regret.


Car notre âme que l’ennui creuse
Cède enivrée à ton attrait.
Et te voudrait la reine heureuse
D’un monde qui t’adorerait.


Mais tes yeux disent,
Sidonie,
Dans leur lumineuse ironie
Leur mélancolique fierté.


Qu’à ton front, d’où l’or fin rayonne.
Il suffit d’avoir la couronne
De l’idéale royauté.

Charles Cros mourut à 45 ans, ce qui est bon pour un poète, des excès de ses études pratiques. En tant que membre éminent du Club des Hydropathes, on ne pouvait attendre de lui un moindre dévouement à la cause.

Okuba

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