Plaisir d’un jour 28

– Charmantes fillettes –

Zuo Si est l’un de ces lettrés chinois dont l’Occident n’a pas encore appréhendé la véritable dimension poétique. Il vécut au troisième siècle de notre ère, sous la dynastie des Jin de l’Ouest (Xi Jin) et acquit une telle renommée, que dans sa région de Luoyang, le papier destiné à recopier ses œuvres augmenta de prix de manière spectaculaire.
Modeste, comme il convient à un gentleman avant la lettre, et alors que les Britanniques n’étaient encore qu’une fiction sociologique, Zuo Si se voulait simple continuateur des grands anciens, dont Zhang Heng, dont je reparlerai plus tard, et Ban Gu.
Ce petit poème, frais et acidulé, est extrait du Classique du thé, de Lu Yu, qui le tenait en grande estime.

Okuba

« Il est en ma maison une charmante fillette
à la peau d’un blanc de porcelaine
surnommée « Fine soie blanche »
Elle a une bouche et des dents bien tracées
Sa sœur aînée « Parfum d’orchidée »
a la beauté éblouissante d’une peinture
Elles papillonnent dans le parc
et s’arrêtent sous les fruits,
qu’elles cueillent tout vert
s.

Qu’il pleuve ou qu’il vente, elles admirent les fleurs
Allant et venant des centaines de fois
Puis, prises d’une grande envie de thé
Elles soufflent sur le feu sous le chaudron.
 »

—-
PS : en hommage à Gilbert Garcin qui nous a quittés récemment, et qui faisait de la poésie avec des images, je reprends quelques unes de ses photos emblématiques.

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