Plaisir d’un jour 22

– Solitude –

Confinez, confinez qu’y disaient.

C’était il y a trois semaines déjà, et le temps est passé. Très passé même. Et l’ennui s’en est venu, ce fort mauvais conseilleur. Certains craquellent un peu, que le spectacle des fesses-bouc ne tente plus, et qui soudain contemplent avec une émotion inconnue un short de sport, depuis si longtemps plié, sous la pile des serviettes de bain. On dirait que je suis un marathonien et que je peux m’évader…

Pour éviter au plus grand nombre la tentation de l’azur, les éditions Albiana d’Ajaccio lancent un projet, Décameron20/2.0, dans lequel elles ouvrent à tous les portes de leur site. Sont ainsi mis en ligne des textes de tous les genres, dont des poésies classiques et/ou contemporaines.

Au fil des pages, j’ai découvert ce texte de Pierre Massoni, intitulé Solitude, et qui m’a paru capable de réjouir nos podiophiles désabusés. J’en transcris un extrait, les petits curieux pourront se plonger dans le texte complet.

« A midi, chercher l’ombre au pied de tes grands chênes,
En aspirant l’haleine chaude de tes bois,
Puis quand l’astre orgueilleux disparaît de tes plaines,
Chanter, seul, la chanson si simple de tes lois.

Et quand le ciel devient aveugle, ou plein d’étoiles,
Dormi paisiblement, ô mère, dans tes bras
Sous les vastes surplis de tous tes sombres voiles,
Pour frissonner à l’air vermeil que tu boiras.

Car les hommes ont tout faussé, divine Mère !
Dans leurs palais, ton air n’y circule jamais
Leurs pains dorés sont tous souillés de cendre amère ;
C’est la géhenne aux lambris d’or où je dormais. »

Je ne sais rien de l’auteur, mais est-il toujours utile de savoir? Poète, vos papiers ! interpellait Ferré.

Okuba

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