Plaisir d’un jour 20

– Qu’as-tu fait de ta jeunesse? –

Verlaine, l’ineffable Verlaine, connut lui aussi le confinement, mais pour d’autres raisons que la nôtre. Sauf si l’on veut retrouver dans le Covid 19 la figure implacable de l’ange exterminateur que fut Rimbaud pour la poésie de son époque. Les associations d’idées ne sont-elles pas la base et le ferment de l’art poétique ? Entre autres.

Pour ma part, j’exigerais des inscrits à tout atelier d’écriture une étude suivie et personnalisée de la paranoïa.

Toujours est-il qu’en ces temps de complotisme, et de déréliction pour certains, la sagesse retrouvée de Verlaine, fût-ce dans le christianisme et à la fin d’un processus de crise existentielle, ouvre une fenêtre sur la sérénité.

Se comprendre, s’accepter, vaste programme pour l’été qui arrive bien vite.

« Le ciel est, par-dessus le toit,
Si bleu, si calme!
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.

La cloche, dans le ciel qu’on voit,
Doucement tinte.
Un oiseau sur l’arbre qu’on voit,
Chante sa plainte.

Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville.

Qu’as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ? »

Il sera toujours temps de s’amender, et qui sait de s’améliorer plus tard. Pour l’instant, l’on respire l’air pur de ces vers, quasi cristallin.

Okuba

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