Plaisir d’un jour 11

La mort n’est jamais loin, dans la poésie si vive de Garcia Lorca, mais elle fait partie de l’optique fataliste par laquelle le monde s’ouvre à nous. Il faut respirer chaque instant, et le savourer dans toutes ses dimensions, s’il nous est donné de le vivre. L’intensité du réel et le délicat de la phrase, sans un mot de trop, ni un pathos excessif, s’unissent alors pour rendre compte du voyage sans but final.

En une remarquable économie de moyens, un peu à la manière d’un Verlaine, Lorca évoque devant nous une Andalousie plus vraie que nature, immense, saturée de soleil, sauvage.

Chanson du cavalier

« Jument noire, lune grande,
Olives dans ma besace.

Bien que je sache la route
Je n’atteindrai pas Cordoue.

Par la plaine, par le vent,
Jument noire, lune rouge.

La mort approche, me guette,
Depuis les tours de Cordoue.

Cordoue
Lointaine et seule.

Ah, que le chemin est long !
Ah, que ma jument a du courage !
Ah, que la mort m’attend
Avant d’atteindre Cordoue !

Cordoue.
Lointaine et seule. »

Pour ceux qui voudraient entendre la musique forte de ces vers ciselés, quoi de mieux que la voix de Paco Ibáñez, respectueux héritier du poète assassiné.

Cordoba, lejana y sola….

Okuba

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1 réponse à Plaisir d’un jour 11

  1. admin_Podio dit :

    Paco Ibáñez chante Lorca “Córdoba lejana y sola”:

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