Plaisir du jour 8

– Poésie d’une nuit, rêve d’un jour –

Vous souvenez-vous de Verlaine et de ses impératifs ? De la musique avant toute chose… Car la poésie vient rarement d’ailleurs, et qu’elle doit sonner comme un cuivre étincelant.
En ces temps de géhenne, et pour le plaisir des confinés, sinon pour leur gouverne, je propose le chant de liberté par excellence qu’est le flamenco. Que pensent les gitans en ces temps de domiciliation obligatoires, et comment voyagent-ils sur les caravanes de l’esprit ?

La réponse est là, hurlée, dynamique, humaine, trop humaine, jusqu’à se rapprocher des dieux antiques et de leur vitalité bestiale.

Tout se passe la nuit, chantait Garcia Lorca…

« La lune vint à la forge
en jupe de tubéreuse
et l’enfant ouvrit sur elle,
ouvrit, ouvrit ses grands yeux.
Dans l’air tout ému, la lune
bouge ses bras et ses mains,
en montrant, lubrique et pure,
ses deux seins de dur étain.
Va-t-en lune, lune, lune.
S’ils arrivaient, les Gitans
feraient de ton cœur parure
d’anneaux et de colliers blancs.
Petit, laisse-moi danser.
Lorsque les Gitans viendront,
tes jolis yeux seront clos,
sur l’enclume ils te verront.
Va-t-en lune, lune, lune,
je les entends galoper.
Petit, ne marche pas sur
ma blancheur amidonnée.
.. »

Et tout se rêve le jour.

Okuba

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