Shima 13



Petit éclat

Les Japonais rient-ils beaucoup ? Ils rient beaucoup… lorsqu’il le faut (c’est-à-dire après le travail). Ils doivent ensuite être prévenus qu’ils sont en présence d’une forme d’humour. Et se préparer à cet exercice spécial, avec un peu de bière et/ou de whisky, que l’on boit très glacé, et hiki (cul sec). Une fois parvenus à l’état d’esprit nécessaire, outre les histoires de pets et les batailles de bibendums, la poésie qu’ils apprécient alors se caractérise par son contenu comique et sa forme classique : ainsi le senryù est-il l’équivalent parodique du haïku.

On le goûte comme les limericks irlandais, en souriant de plus en plus, le temps que l’humour se diffuse dans les cervelles échauffées.

C’est souvent coquin:

« Quand elle dit :
“Arrêtez-​vous !” à voix basse,
C’est déjà un peu réussi 
» 

ou bien vécu :

« En plein chemin,
nez à nez avec l’épouse ;
ah, calamité ! »

ou encore désabusé :

« En attrapant
le voleur ;
c’était mon propre fils »

ou sinon philosophe :

« Cons ceux qui dansent ;
Encore plus cons,
ceux qui les regardent »

La vraie philosophie est extrême, et elle doit choquer. Je dirais plus tard comment les Corses rient, plus tard. Nous ne sommes pas pressés.

Écrivez-moi.

OKUBA

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